Feuilles dans les curry
Indispensable au curry thaïlandais, malaisien, indonésien, réunionnais. Frottées ou déchirées avant cuisson.
« Le citron-feuilles. C'est le feuillage qu'on cuisine, plus que le fruit. »
↳ Carte d'identité
↳ Profil gustatif
↳ Fenêtres de récolte
↳ Usages
Indispensable au curry thaïlandais, malaisien, indonésien, réunionnais. Frottées ou déchirées avant cuisson.
À La Réunion, base du rougail saucisse, du cari poulet, du chatini.
Zeste râpé en pâtisserie exotique. Infusion dans des sirops de cocktail.
Deux feuilles dans l'eau du riz — parfum garanti.
Le combava (ou citron Kaffir) est l’un des rares agrumes où les feuilles sont plus utilisées que le fruit. Le feuillage, en deux folioles caractéristiques, est très aromatique : froissé ou déchiré, il dégage un parfum vif, herbacé, à mi-chemin entre la verveine, la citronnelle et le citron vert.
La pulpe, elle, est très acide et peu juteuse — rarement consommée en direct. C’est le zeste qui intéresse en pâtisserie exotique.
Originaire de l’archipel indonésien, le combava (Citrus hystrix) a essaimé dans toute l’Asie du Sud-Est et l’Océan indien. Les vergers de la Réunion en sont un héritage colonial — la créolisation de la cuisine indienne sur l’île l’a intégré de longue date.
Possible en pot en France métropolitaine mais difficile — supporte mal le gel, demande beaucoup d’humidité. Mieux : se procurer des feuilles fraîches chez un épicier asiatique (5 € le sachet de 50 g), ou congelées (se conservent un an). Les feuilles séchées du commerce ont perdu 80 % de leur parfum — à éviter.
Pour réveiller un curry industriel : 2 feuilles de combava + 1 morceau de gingembre frais + 1 piment dans la sauce, 10 minutes de cuisson. Transformation immédiate.
Le combava se trouve encore vendu sous le nom de « citron kaffir » ou « kaffir lime », traduction directe de l’anglais. Le mot pose problème : en Afrique du Sud, kaffir est une insulte raciale, aujourd’hui juridiquement reconnue comme telle, et son emploi disparaît progressivement du commerce international.
Les termes justes existent et ne coûtent rien : combava en français, hérité du malgache via La Réunion, ou makrut dans l’usage thaï. Nous employons le premier partout sur ce site.
Le combava figure parmi les trois agrumes les moins juteux du corpus, derrière la main de Bouddha (5 %) et le cédrat (8 %). Il s’en distingue par un point qui n’appartient qu’à lui : c’est la seule de nos 32 variétés qu’on cultive d’abord pour son feuillage.
Son acidité, en revanche, est élevée — 5,5 à 7,0 %, au niveau du Fino espagnol. Le peu de jus qu’il donne est donc très mordant, et s’emploie comme un concentré. Notre comparatif des rendements situe sa place.
L’erreur classique consiste à doser le zeste de combava comme celui d’un citron vert. Son parfum est plusieurs fois plus intense, et il domine un plat en un tour de râpe de trop.
La bonne mesure, pour quatre personnes : un quart de fruit râpé à la microplane, ajouté hors du feu, en fin de cuisson. Au-delà, l’amertume de l’écorce prend le dessus. Il s’accorde remarquablement au lait de coco, au poisson blanc et aux desserts crémeux, où il remplace avantageusement le citron vert.
Un fruit entier se congèle tel quel et se râpe encore gelé, sans perte notable — la seule méthode de conservation qui tienne pour le zeste.
Cette fiche porte l’identité du cultivar et ses données. Pour le bienfaits, usages des feuilles plat par plat, conservation et culture en pot, voyez notre article combava : bienfaits et utilisation.
↳ Généalogie
Espèce distincte d'Asie du Sud-Est. Pas d'hybridation moderne.
Source : recherche génétique moderne (Wu et al. 2018, Genomics of the origin and evolution of Citrus) — voir notre dictionnaire complet des variétés.
↳ Pour aller plus loin avec Combava
Articles & bienfaits