Consommation directe
Le seul citron qu'on peut manger comme une orange — peau, pulpe, tout passe. Excellent au petit-déjeuner.
« Le citron sans acidité — un fruit à manger comme une orange. Curiosité botanique méditerranéenne. »
↳ Carte d'identité
↳ Profil gustatif
↳ Fenêtres de récolte
↳ Usages
Le seul citron qu'on peut manger comme une orange — peau, pulpe, tout passe. Excellent au petit-déjeuner.
Sa douceur s'accommode parfaitement de mâche, betterave, fenouil et fromages frais.
Utilisée traditionnellement pour l'eau de fleur d'oranger en Tunisie et au Maroc — ses fleurs sont particulièrement parfumées.
La Limetta (Citrus limetta, Limetta romana ou citron doux) est une espèce distincte du citron jaune classique (Citrus × limon) malgré la ressemblance morphologique. Sa caractéristique unique : une acidité quasi nulle (0,5 à 1,5 %, soit dix fois moins qu’un citron normal).
Cultivée historiquement autour de la Méditerranée orientale (Turquie, Grèce, Liban, Tunisie) depuis le Xᵉ siècle, c’est l’un des plus anciens agrumes cultivés en Europe.
Mutation génétique sur le gène CitAcl1 qui régule la synthèse de l’acide citrique dans la pulpe. La limetta produit du sucre normalement mais ne convertit pas en acide. Résultat : un fruit doux à fade selon les palais, mangeable cru en quartiers comme une orange.
Fruit petit à moyen, peau jaune pâle ou verte selon la maturité, fine et lisse. Pulpe peu juteuse (30 %) et peu acide. Pépins rares (0-3 par fruit).
Quelques chefs italiens et libanais redécouvrent la limetta pour son potentiel gastronomique. Au Quattro Passi, à Massa Lubrense, les feuilles servent à parfumer les huiles d’olive locales. À Beyrouth, plusieurs chefs en font des sorbets sans sucre ajouté.
Très rare en Europe occidentale. Quelques épiceries libanaises et turques en proposent en saison. Production en hausse en Sicile et en Calabre depuis 2018 chez quelques producteurs spécialisés.
Pour découvrir d’autres curiosités citron, voir notre Main de Bouddha et notre Citron caviar.
Ses 0,5 à 1,5 % d’acidité en font un cas à part parmi nos 32 variétés. Le deuxième moins acide, le Meyer, affiche 2,0 à 3,5 % — soit déjà plus du double. Le citron de Menton, pourtant réputé doux, monte à 4,5 %.
Et à l’autre extrémité, le citron vert et le sudachi atteignent 8,0 %, jusqu’à seize fois l’acidité d’une limetta. Ce n’est plus une nuance de profil : ce sont deux catégories de fruits.
Son rendement en jus, 30 %, reste modeste — au niveau du Sfusato Amalfitano. Voir notre comparatif des rendements.
L’usage médicinal traditionnel évoqué plus haut n’est pas arbitraire : ce qui gêne dans le citron, quand il gêne, c’est l’acide citrique, et la limetta n’en produit presque pas. Elle offre donc le parfum d’agrume sans la charge acide.
Nous détaillons ce mécanisme, et ce que dit réellement la recherche sur le citron et les remontées acides, dans notre dossier citron et brûlures d’estomac. À lire avant de remplacer un traitement par un fruit : la limetta est une alternative de goût, pas un médicament.
Pour comprendre d’où vient l’acidité d’un agrume et pourquoi elle varie autant d’une variété à l’autre, voir aussi pourquoi le citron est acide.
La récolte court de décembre à avril, avec un pic en février — une fenêtre qu’elle ne partage qu’avec le citron caviar, l’essentiel du corpus piquant en novembre-janvier ou en été. Voir notre calendrier des variétés.
À l’achat, le critère est la couleur : une limetta bien mûre est jaune pâle, presque beurre. Verte, elle est encore plus fade que d’ordinaire — chez une variété qui ne mise déjà pas sur l’acidité, il ne reste alors pas grand-chose.