Curd
Le Meyer fait des curds incomparables — acidité douce, parfum suave.
« Pas vraiment un citron. Un hybride citron × mandarine venu de Chine via la Californie. »
↳ Carte d'identité
↳ Profil gustatif
↳ Fenêtres de récolte
↳ Usages
Le Meyer fait des curds incomparables — acidité douce, parfum suave.
Sur un saumon cru, à la place du citron classique : moins agressif, plus floral.
Whisky sour au Meyer — moins de sucre nécessaire qu'avec un citron jaune.
Le Meyer est un hybride spontané entre un citron classique et probablement une mandarine, ramené de Pékin en 1908 par un agent du USDA, Frank Meyer. La peau est lisse, fine, presque orangée ; le jus est doux, presque sucré.
Il existe peu en Europe — quelques pieds en Sicile et en Provence, surtout des arbres ornementaux. Mais sa popularité grandit chez les pâtissiers et bartenders.
Le Meyer se conserve moins bien qu’un citron classique : peau fine = perte d’eau plus rapide. À garder au frais, à utiliser dans la semaine.
Avec une acidité comprise entre 2,0 et 3,5 %, le Meyer se classe deuxième des agrumes les moins acides du corpus, derrière la seule limetta et ses 0,5 à 1,5 %. Pour situer, un citron jaune classique tourne entre 4,5 et 6,5 %, et le citron vert grimpe à 8 %.
Cette douceur explique son succès : le Meyer se consomme presque tel quel, là où un citron ordinaire exigerait du sucre.
Le Meyer réunit deux qualités qui vont rarement ensemble : 40 % de rendement en jus — autant qu’un Lisbon, l’un des meilleurs presseurs — et l’acidité la plus basse des citrons courants. On obtient donc beaucoup de jus doux et parfumé.
C’est exactement ce que cherche un lemon curd : la texture tient sans que l’acidité écrase le beurre et les œufs. Même logique en cocktail, où il faut nettement moins de sirop qu’avec un citron jaune.
Trois indices le distinguent d’un citron classique. Sa taille d’abord : 70 à 130 g seulement, soit près de moitié moins qu’un Verna. Sa forme, plus ronde, sans le mamelon pointu caractéristique. Sa couleur enfin, un jaune profond qui tire nettement vers l’orangé à pleine maturité — conséquence de son ascendance mandarine.
La peau est lisse et fine au toucher, sans le grain rugueux d’un Lisbon.
Sa compacité en fait la variété la plus recommandée pour la culture en pot. L’arbre reste naturellement petit, porte peu d’épines et fleurit abondamment, ce qui explique sa présence dans les jardineries européennes bien avant qu’il n’arrive en cuisine.
Nos articles sur l’arrosage et la taille s’appliquent directement à lui.
La récolte s’étale d’octobre à février, avec un pic en décembre. En Europe, où il reste marginal, on le trouve surtout chez des producteurs spécialisés — voir notre calendrier des variétés pour les alternatives hors saison.
↳ Généalogie
Hybride spontané découvert en Chine, rapporté aux États-Unis par Frank Meyer en 1908.
↳ Parents génétiques
Source : recherche génétique moderne (Wu et al. 2018, Genomics of the origin and evolution of Citrus) — voir notre dictionnaire complet des variétés.