Plats grecs traditionnels
Avgolemono (soupe œuf-citron), papoutsakia, dolmades — les recettes méditerranéennes qui demandent un citron doux.
« Le citron historique de Chypre, oublié pendant 50 ans, redécouvert en 2010. Acidité douce et parfum profond. »
↳ Carte d'identité
↳ Profil gustatif
↳ Fenêtres de récolte
↳ Usages
Avgolemono (soupe œuf-citron), papoutsakia, dolmades — les recettes méditerranéennes qui demandent un citron doux.
Variante locale du limoncello italien : moins acide, plus parfumée, presque florale.
La confiture chypriote au citron à la cuillère — fait avec le zeste entier et le sirop concentré.
Le Lapithos — Lapithkiotiki dans son nom chypriote-grec, qu’on rencontre aussi sous les graphies Lapithiotiki ou Lapithkiotiko — est nommé d’après le village du nord de Chypre où il était cultivé en abondance jusqu’aux années 1970. C’est une variété historique méditerranéenne, probablement issue d’un croisement entre le citron commun méditerranéen et un cédrat parfumé.
La partition de Chypre en 1974 a entraîné l’abandon massif des vergers du nord (zone turcophone). Le Lapithos a presque disparu de la production commerciale entre 1975 et 2008. Il survivait uniquement dans quelques jardins familiaux et fragments de vergers.
En 2010, le Cyprus Agricultural Research Institute lance un programme de conservation génétique ciblant les variétés patrimoniales menacées. Le Lapithos est identifié comme prioritaire. Des greffons sont prélevés sur des arbres survivants à Limassol, Paphos et Nicosie.
Aujourd’hui, environ 80 hectares sont plantés en Lapithos sur l’ensemble de l’île, principalement chez des petits producteurs qui le commercialisent en circuits courts.
Gros fruit, peau jaune-vert marquée de bosselures légères, épaisse mais facile à zester. Pulpe juteuse (36 %), acidité modérée (4,5-5,5 %), parfum très prononcé avec des notes florales.
Spécificité gustative : des notes florales marquées, qui rappellent un peu la bergamote sans en avoir l’amertume, sur un fond légèrement miellé — bien plus discret toutefois que celui d’un Meyer ou d’un citron de Menton.
Trois recettes patrimoniales chypriotes l’utilisent par excellence :
Très peu exporté. Quelques épiceries grecques ou chypriotes à Londres et Athènes en proposent en saison. En France, quasi introuvable.
Pour les amateurs, deux options :
Pour découvrir d’autres variétés méditerranéennes historiques, voir notre Femminello Carrubaro et notre Limetta.
À 150 à 220 g, le Lapithos figure parmi les plus gros citrons du corpus, dans le peloton du citron de Menton et du Lisbon (120 à 220 g), derrière le Verna de Murcia et l’Interdonato (180 à 280 g).
Ce calibre compte, parce que son écorce est épaisse tout en restant facile à zester : un seul fruit donne de quoi parfumer un plat entier. Son rendement en jus, 36 %, reste dans la moyenne du corpus — voir notre comparatif des rendements — et son acidité modérée de 4,5 à 5,5 % le place du côté doux, entre le Sfusato Amalfitano et le Femminello di Siracusa.
C’est exactement le profil d’un citron de cuisine domestique : assez gros pour ne pas en ouvrir trois, assez doux pour un usage cru, assez parfumé pour l’écorce.
Le chiffre mérite une comparaison. La bergamote de Calabre est régulièrement présentée comme l’un des plus petits terroirs d’agrume au monde, avec environ 1 500 hectares. Le Lapithos en occupe 80 — près de vingt fois moins, pour l’île entière.
À cette échelle, la variété ne quitte pas Chypre autrement qu’en bagage. Il n’y a ni volume exportable, ni filière, ni IGP pour la protéger — seulement un programme de conservation et quelques dizaines de producteurs. C’est une survivance, pas une production.
La récolte court de l’hiver au printemps, avec un pic en janvier — le mois le plus chargé du corpus, celui du citron de Menton, du Lisbon, des deux Femminello siciliens et du kumquat. Sept de nos 32 variétés piquent en janvier. Voir notre calendrier des variétés.
C’est aussi la seule fenêtre où un voyage à Chypre permet de goûter le fruit sur place — le reste de l’année, même sur l’île, il ne se trouve pas.